Enquête : comment les travailleurs de notre secteur vivent-ils leur emploi ?

Enquête : comment les travailleurs de notre secteur vivent-ils leur emploi ?

23 septembre 2022

Pour la troisième fois consécutive, à l'aide de l'enquête mediasensor, mediarte - avec le soutien de la FeWeb - a fait le point sur la perception du travail et les risques psychosociaux dans le secteur de l'audiovisuel, du cinéma et du digital. Les employé.e.s de ce secteur semblent très engagé.e.s et aiment leur travail, mais ils/elles éprouvent un besoin de récupération alarmant en raison, entre autres, d'une pression de travail élevée.

Qu'est-ce qui a été recherché ?

Le mediasensor identifie les ressources de stress et de motivation des employés.

  • Les sources de stress trouvent leur origine dans le travail et coûtent à l'employé des efforts et de l'énergie. Les sources de stress excessif entraînent chez les employés des réactions de stress et le besoin de reprendre leur souffle (besoin de récupération). À long terme, cela peut conduire au burn-out.
  • Les sources de motivation fournissent de l'énergie et conduisent à la motivation, à la satisfaction professionnelle, à l'engagement et à l'épanouissement, et et elles permettent de faire face aux exigences professionnelles. Dans cette étude, seules les ressources de motivation liées au travail ont été étudiées (implication, variété des tâches, soutien du management et des collègues,...). Les ressources personnelles de motivation (résistance, capacité à voir les opportunités et à les saisir etc.) n'ont pas été étudiées.

Quelle est la pertinence de ces chiffres ?

3 400 employés et 78 entreprises du secteur audiovisuel ont participé à cette enquête. En soi certainement représentatif du secteur dans son ensemble. Pourtant, les différences entre les secteurs de la télévision, des maisons de production et autres entreprises facilitaires, d'une part, et le secteur du digital, d'autre part, sont très importantes. Il est donc très important pour le secteur du digital de se plonger dans les chiffres afin d'avoir une image correcte et de développer un plan d'action adapté. Les chiffres de cette étude couvrent l'ensemble du secteur audiovisuel.

Un secteur engagé avec beaucoup de plaisir au travail 

Les indicateurs de bien-être positif obtiennent de bons résultats dans le secteur, 83% des personnes interrogées se sentent engagées au travail. Ces employé.e.s débordent d'énergie, se sentent très impliqué.e.s dans leur travail et ont l'impression que le temps passe vite lorsqu'ils/elles sont au travail. De plus, 86% éprouvent du plaisir au travail, ce qui constitue une mesure de la motivation intrinsèque. Les employé.e.s qui éprouvent du plaisir au travail trouvent leur travail agréable et engageant.

90% des répondant.e.s bénéficient d'une sécurité d'emploi et 76,3% d'une variété suffisante de tâches dans le cadre de leur emploi. En outre, 94% des personnes interrogées évaluent favorablement le management en matière de leadership transformationnel. Il s'agit d'un management qui se concentre sur le côté humain et motivant du leadership.

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Haut risque de burn-out

On a également analysé un indicateur de bien-être négatif, à savoir la mesure dans laquelle les employé.e.s ressentent un besoin de récupération. En 2019, nous avons pu constater que le besoin de récupération avait légèrement diminué par rapport à l'enquête de 2016 : de 44% à 41%. Il faut maintenant noter que le besoin de récupération est à nouveau en forte hausse. Parmi les répondant.e.s, 48% éprouvent un besoin de récupération. Les personnes interrogées ont notamment déclaré avoir du mal à se détendre à la fin de la journée de travail, se sentent épuisées et ont du mal à se concentrer. Un peu plus de la moitié de ce groupe (28% des répondant.e.s au total) dit toujours ressentir un fort besoin de récupération. Il s'agit du groupe dit "à problèmes aigus". Si ce groupe ne parvient pas à récupérer, il y a un risque plus élevé (dans une période d'environ 6 mois) de burn-out.

En dehors de cela, les autres points d'attention sont le manque d'opportunités de carrière (72,5%), la nécessité d'une meilleure rémunération (53,8%), l'organisation du travail (59%), la participation (52,6%) et le rythme de travail élevé (49,8%). Cela peut déjà expliquer en partie le besoin élevé de récupération.

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Comportement inapproprié au travail 

mediasensor remet également en question l'expérience des comportements inappropriés au travail. Il s'agit de questions portant sur le harcèlement, les agressions et les comportements sexuels non désirés. Un comportement inapproprié au travail peut être considéré comme une source de stress, mais l'interprétation des chiffres est différente pour ce sujet. Après tout, il existe une tolérance zéro pour les comportements inappropriés au travail.

Harcèlement

1,3% sont victimes de harcèlement au travail. Cela signifie que sur les 3 473 personnes interrogées, 45 employé.e.s ont été fréquemment confronté.e.s à des comportements d'intimidation au cours d'une période de 6 mois. Il s'agit, d'une part, d'actes liés à la personne (ragots, exclusion sociale, insultes, remarques ou blagues blessantes) et, d'autre part, d'actes liés au travail (compliquer le travail en retenant des informations, faire des commentaires répétés sur les erreurs, ne pas valoriser le travail et les efforts).

Agressivité

Pour l'agressivité au travail, on constate que 99,2% ne déclarent pas ou peu d'agressivité et de conflits avec la hiérarchie directe. 0,8% déclarent cependant subir fréquemment des agressions ou des conflits avec la hiérarchie, soit 28 personnes sur 3473 répondant.e.s. 99,6% des personnes interrogées ne déclarent pas ou peu d'agressions ou de conflits avec leurs collègues, 0,4% déclarent avoir subi des agressions ou des conflits fréquents avec leurs collègues, soit 14 personnes sur 3473 répondant.e.s.

Comportement sexuel inapproprié au travail

Un module supplémentaire sur ce sujet a été inclus dans l'enquête mediasensor de 2022. Il en ressort que 97,2% indiquent qu'ils n'ont pas ou peu subi de comportements sexuels non désirés au travail. 2,8% déclarent avoir subi des comportements sexuels non désirés au cours des six derniers mois, soit 97 personnes sur 3 473 répondants. En 2019, un module plus limité a été utilisé pour détecter les comportements sexuels non désirés et 3% indiquent avoir subi de tels comportements. 

Dans 71,1% des cas, il a été indiqué que le comportement avait été énoncé par un.e collègue. Quant à savoir si cette question peut (facilement) être discutée au sein de l'organisation, 43,9% déclarent qu'il leur est (très) difficile d'en discuter. 26% déclarent qu'ils trouvent cela (très) facile à discuter. Ces chiffres indiquent que bon nombre d'employés trouvent encore difficile de soulever ces questions au sein de leur(s) organisation(s).

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Next steps

Pour la préparation et la réalisation de l'enquête mediasensor, mediarte a travaillé en étroite collaboration avec un comité de pilotage composé de plusieurs entreprises et organisations (comme la FeWeb) de notre secteur.

Nous considérons les résultats comme un point de départ qui nous donne un aperçu clair de la perception du travail dans notre secteur. Pour le secteur du digital, il est important d'examiner les résultats de ce sous-secteur séparément pour avoir une image précise.

Notre secteur est sous pression et le marché du travail étroit ne rend pas la situation plus facile. D'autant plus qu'il est urgent de veiller à ce que le secteur soit (mentalement) sain. C'est pourquoi mediarte et le groupe de pilotage se sont déjà engagés à poursuivre leur coopération afin de maintenir cette priorité à l'ordre du jour et d'y travailler. our le secteur du digital, c'est la Task Force HR de la FeWeb qui coordonne les actions à prendre.

>> Plus d'infos sur mediasensor (y compris le rapport de l'étude)

A propos de l'étude

Après les éditions de 2016 et 2019, mediarte a questionné pour la troisième fois l'état du bien-être mental dans le secteur de l'audiovisuel, du cinéma et du digital. L'enquête a été réalisée par Attentia, spécialiste des RH et du bien-être, et par le professeur Guy Notelaers, de l'Université de Mons et chercheur associé de la K.U.Leuven. 78 entreprises ont participé à l'enquête de 2022. 7183 questionnaires ont été envoyés, dont plus de 3400 ont été complétés. Le taux de réponse de l'enquête est donc à 48%. Compte tenu de la taille de l'enquête, répartie sur plusieurs organisations de notre secteur, il s'agit d'un bon résultat. Au cours de cette enquête, un accent supplémentaire a été mis sur le comportement inapproprié en élargissant le questionnaire avec un module spécifique à ce sujet.

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